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Loading... Une Malaisie à l’islamisation croissante lorgne sur le Conseil des droits de l’homme
Jean-Claude Buhrer/InfoSud - Autrefois il y avait en Inde des « compartiments pour dames », supprimés depuis au nom de l’égalité. En Afrique du Sud, il y avait à l’époque de l’apartheid des moyens de transport pour les Blancs et d’autres pour les Noirs. Alors que l’on croyait de telles pratiques en voie de disparition, la Malaisie vient de se distinguer en mettant en service fin avril des wagons de train réservés aux femmes, « afin de les protéger du harcèlement sexuel et de permettre aux musulmanes de voyager séparées des hommes ». Cette « innovation » s’inscrit dans le courant d’islamisation croissante que connaît cette Fédération multiculturelle de 27 millions d’habitants (60% de Malais constitutionnellement musulmans, 26% de Chinois en majorité bouddhistes, 9% de Tamouls majoritairement hindouistes et les chrétiens formant 9% de la population). Elle est intervenue à la veille du renouvellement le 13 mai par l’Assemblée générale de l’ONU de 14 des 47 sièges du Conseil des droits de l’homme. Après le retrait de l’Iran, la Malaisie se retrouve avec les Maldives, le Qatar et la Thaïlande parmi les quatre candidats pour quatre mandats à pourvoir pour l’Asie. Conséquence de la surenchère à laquelle se livre un gouvernement en perte de vitesse depuis son revers électoral en 2008, les non-musulmans, mais aussi des musulmans expérimentent chaque jour les dérives d’une instrumentalisation politique de la religion. Après les bombes incendiaires lancées au début de l’année contre une douzaine d’églises, les autorités ont suspendu une décision de la Haute Cour d’autoriser les chrétiens à utiliser le nom d’Allah pour Dieu comme ils l’ont toujours fait en malais ou en arabe. Rivalisant de zèle, la police islamique fait la chasse aux couples illégitimes : le jour de l’an, 52 d’entre eux coupables de khalwat (proximité excessive) ont été arrêtés lors de descentes dans des hôtels de la capitale Kuala Lumpur. En février, pour la première fois, trois musulmanes condamnées pour relations extraconjugales par un tribunal islamique se sont vu administrer des coups de bâton alors que leurs compagnons n’ont pas été inquiétés. Autre sujet qui défraye la chronique, le procès intenté pour sodomie à l’ancien vice-premier ministre et chef de l’opposition Anwar Ibrahim. Dans ce pays en proie au puritanisme islamique, la presse relate avec force détails sordides les délibérations d’un tribunal à la botte chargé de juger cette figure dérangeante pour le pouvoir. La polygamie, naguère exceptionnelle, est en nette progression parmi les musulmans, au point de représenter plus de 5% des mariages. Ses partisans ont créé l’Ikhwan Polygamy Club qui s’est donné pour mission de promouvoir le « mariage multiple ». Depuis que la Malaisie a été déclarée « Etat islamique », les minorités s’inquiètent d’une islamisation débridée qui les touche au premier chef. La liberté religieuse est garantie par la Constitution, mais la loi limite les activités des autres religions et même de l’islam non sunnite. Un double système judiciaire est en vigueur, l’un séculier et l’autre basé sur la charia pour les musulmans, d’où une multitude de différends qui empoisonnent l’atmosphère. La conversion étant interdite aux musulmans, la Haute Cour a rejeté le recours d’une Malaise convertie au christianisme, car selon la Constitution « une personne de race malaise professe la religion musulmane ». Dans un « camp de rééducation musulmane », le cauchemar d’une femme hindoue Alors qu’un non-musulman doit se convertir à l’islam pour épouser une musulmane, un mariage entre deux non-musulmans est annulé si l’un des conjoints adopte l’islam. C’est en vain qu’une hindoue a demandé la suppression de la mention « musulmane » inscrite par erreur sur ses papiers d’identité. Son mariage avec un hindou n’a pas été reconnu officiellement, et elle s’est vu retirer la garde de son enfant avant d’être placée dans un « camp de rééducation musulmane ». D’une fatwa interdisant aux musulmans de pratiquer le yoga à la condamnation à la bastonnade publique d’une musulmane pour avoir bu de la bière en passant par la destruction de temples hindous et de pagodes bouddhistes, de la censure de films montrant des prophètes à la fermeture d’élevages de porcs destinés aux Chinois, les exemples abondent du climat délétère entretenu par les islamistes, qui ont déjà introduit la charia dans l’Etat de Kelantan qu’ils contrôlent. Las de vexations constantes, Chinois et Indiens remettent aujourd’hui ouvertement en cause la politique de « discrimination positive » décrétée au lendemain des émeutes raciales de 1969 afin de favoriser les Malais, appelés Bhumiputra (les enfants du sol), mais qui revient à maintenir une ségrégation raciale institutionnalisée. Le parti malais du premier ministre, Najib Razak, persiste à promouvoir la notion de Ketuanan Melayu, de suprématie ou domination malaise.
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