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Les enfants somaliens au front
Photo Manoocher Deghati/IRIN
2 janvier 07 - Nairobi(IRIN) Un nombre toujours plus important d’enfants sont engagés par les milices somaliennes, selon les agences humanitaires sur place. Les jeunes recrues sont ainsi séparées de leurs familles et exposées aux combats.

Le gouvernement fédéral provisoire de Somalie a nié engager des soldats trop jeunes. « Nous n’avons pas d’enfants dans nos troupes a expliqué son porte-parole Abdirahman Dinar, questionné par IRIN mardi 2 janvier. Tous nos soldats ont 18 ans révolus. Ce sont les autres [l’Union des tribunaux islamiques] qui ont recruté des enfants de force ».

Selon plusieurs ONG et des agences des Nations Unies, le recours à des enfants soldats en Somalie a augmenté en même temps que les combats entre les tribunaux islamiques et le gouvernement provisoire, en décembre. Les combats ont culminé lorsque les forces de ce dernier, appuyées par l’armée éthiopienne, ont repris le contrôle du sud du pays et de sa capitale, Mogadiscio.

Enfants soldats de onze ans

« Des entretiens directs avec des enfants ne dépassant pas l’âge de onze ans ont été réalisés à des barrages et dans des véhicules des différentes parties en présence » a indiqué Siddarth Chatterjee, directeur de programme au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) en Somalie.

Le recrutement s’est étendu au delà de la frontière, au Kenya voisin. Siddarth Chatterjee ajoute que selon le Commissaire de la province du Nord Est du Kenya, le recrutement de jeunes de la province par des groupes armés rivaux ont commencé durant les trois derniers mois de 2006, le plus souvent par l’Union des tribunaux isalmiques.

« Un appel a été lancé à toutes les parties au conflit pour qu’elles évitent d’engager des enfants et qu’elles libèrent ceux qu’elles ont déjà enrôlés, relève Siddarth Chatterjee. Cependant, l’absence de registres d’état-civil rend encore plus difficile la vérification de l’âge des enfants. Il y a aussi des rapports selon lesquels les tribunaus islamiques ont déclaré publiquement leur intention de recruter directement dans les écoles. Si cela est vrai, c’est le plus inquiétant. »

Les signaux d’alarme les plus récents arrivent une semaine à peine après que la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Radhika Coomaraswamy, ait averti que la guerre en cours en Somalie aura de graves répercussions sur les enfants et leurs familles. « Je suis très préoccupée par les rapports et les informations reçues concernant les graves violations à l’encontre des enfants, y compris le recrutement des enfants soldats par les parties au conflit en Somalie », a-t-elle déclaré, en appelant au respect du droit humanitaire international pour la protection des enfants.

En décembre, l’ONG Save the Children-UK a exprimé sa préoccupation à propos des milliers d’enfants non accompagnés qui pourraient devenir la proie des trafiquants, notamment liés au commerce du sexe.

Des centaines de blessés au combat

Les forces gouvernementales poursuivaient mardi le solde des combattants des tribunaux islamiques vers le sud, de Kismayo en direction la frontière kenyane et les derniers rapports faisaient état d’un nombre grandissant de morts et de blessés.

Selon de Comité International de la Croix Rouge (CICR), il n’existe aucune information précise sur le nombre de victimes pour l’instant, mais il est probable que des centaines de personnes aient été tuées et plus de 800 blessées, civiles ou combattantes. Le CICR indique aussi que des milliers de civils ont fui leur foyer, mais que les déplacements se font généralement sur une courte distance et pour une période limitée.

L’organisation humanitaire Norwegian Church Aid communique que quelque 10 000 personnes ont été déplacées suite aux combats dans le sud du pays. Lundi, le gouvernement kenyan a annoncé qu’il n’autoriserait aucun groupe armé fuyant la Somali à entrer sur son territoire.

« Toutes les mesures ont été prises pour qu’il n’y ait aucun débordement du conflit somalien au Kenya », a assuré Alfred Mutua, porte-parole du gouvernement. « Nous avons mis en place les mesures de sécutié nécessaires le long de la frontière commune ».

Pendant ce temps, Abdiraham Dinari, porte-parole du gouvernement somalien, a assuré que les forces éthiopiennes resteront en Somalie aussi longtemps que nécessaire pour y compléter leur « mission ». Celle-ci consiste « à fournir un soutien logistique et à entraîner nos forces ». Il a indiqué que les Ethiopiens étaient en Somalie sur l’invitation de son gouvernement.

A Addis Abeba, le premier ministre éthiopien, Meles Zenawia, a assuré que son armée pourrait se retirer dans les deux semaines. La Somalie a appelé au déploiement de troupes régionales pour protéger le gouvernement intérimaire, sous les auspices de l’autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD) et de l’Union africaine. L’Ouganda a promis 1000 soldats et le Nigeria un nombre non précisé.

Traduit de l’anglais par Michel Bührer



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