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Loading... Démission surprise pour clore le Conseil
Juan Gasparini, Carole Vann/InfoSud - « Cet après-midi est l’un des plus tristes pour le Conseil et pour ma vie. Voilà des années que je travaille sur le racisme et le suivi de la Conférence de Durban sur le racisme. Tous les pays ont toujours coopéré et avancé de concert sur ce sujet. Mais aujourd’hui, pour la première fois, le consensus est brisé. Je démissionne ! » Juan Martabit, ambassadeur du Chili à l’ONU et président du groupe de travail chargé du suivi de Durban, était hors de lui ce vendredi 29 septembre. Raison de cette amertume : le bras de fer entre les Etats autour de l’islamophobie. Depuis le 11 septembre 2001 et la traque aux terroristes accusés d’agir au nom de l’islam, une nouvelle scission s’est crée, au sein de la Commission des droits de l’homme d’abord, pour atteindre son paroxysme durant cette sixième session du Conseil. En effet, les pays islamiques, soutenus par la plupart des Etats africains, oeuvrent pour que l’islamophobie soit considérée comme l’une formes suprêmes de diffamation religieuse. En ce sens, ils ont fait le forcing pour introduire ce concept dans un projet de résolution de l’Union européenne (UE) contre l’intolérance religieuse. Mais l’UE a résisté, arguant que les pays occidentaux refusent cette « hiérarchisation » dans le palmarès des religions « persécutées ». A la demande de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), le projet a donc été reporté au mois de décembre. Toutefois, l’OCI et le groupe africain ont quand même réussi à glisser cette valeur ajoutée dans trois autres résolutions liées l’évaluation du suivi de Durban. Les pays occidentaux s’y sont farouchement opposés, brisant ainsi le consensus. Ces résolutions ont donc été adoptées par vote. Et l’ambassadeur chilien a démissionné. Le sort des rapporteurs Autre motif de tension lors de cette sixième session : le sort des 53 experts ou rapporteurs chargés d’enquêter sur les violations dans le terrain. Depuis la création du Conseil en mars 2006, la majorité des Etats africains et asiatiques s’emploient à éliminer les mandats des rapporteurs géographiques, arguant leur double emploi avec la revue périodique universelle (UPR). Ce nouveau mécanisme de l’ONU, qui sera bientôt en vigueur, prévoit de passer au crible chaque pays membre pour le mettre en face des abus chez lui, tous les quatre ans. Ces mêmes Etats cherchent aussi à restreindre considérablement le nombre de mandats thématiques. Un bras de fer les oppose donc aux Occidentaux qui poussent pour le renouvellement coûte que coûte des mandats. Dans cette optique, le report de la résolution de l’UE sur la liberté des religions n’a pas été dans le sens de la stratégie occidentale. En revanche, trois mandats thématiques - ceux pour les peuples indigènes, le droit a l’alimentation et le groupe de travail contre la détention arbitraire - et deux géographiques - Burundi et Haiti - ont été renouvelés. Et un nouveau a été crée pour lutter contre les nouvelles formes d’esclavage. L’idée a été brillamment défendue par l’ambassadeur britannique, Nicholas Thorne. Or l’on se souvient qu’en août dernier, le groupe africain avait annoncé sa ferme intention de mettre fin aux mandats de cinq de leurs rapporteurs géographiques. Ils entendaient s’en prendre durant cette session au noyau dur - Soudan , République démocratique du Congo (RDC), Burundi - et s’occuper plus tard du Liberia et de la Somalie. Mais leur plan initial n’a pas abouti. Le Burundi a réclamé le renouvellement de son rapporteur ; le groupe africain ne pouvait décemment pas s’y opposer. Les décisions sur la RDC et le Soudan ont été reportés à une prochaine session. Voir en ligne: Conseil des droits de l’homme
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