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Loading... Haïti et Burundi : oui au contrôle de l’ONU !
Juan Gasparini et Carole Vann/InfoSud - Le lobby d’enfer mené par certains Etats africains et islamiques pour mettre fin aux enquêtes de l’ONU sur le terrain en matière de libertés se fragilise ! Mardi, deux pays du sud, Haïti et le Burundi, ont explicitement réclamé que l’ONU des droits de l’homme garde son nez dans leurs affaires internes. Ils ont affirmé avoir un dialogue constructif avec l’expert chargé de dénoncer les abus chez eux. Mieux ! Ils ont réclamé le renouvellement du mandat. La chose est assez rare dans l’histoire de l’ONU. En effet, les Etats accusés de violer les libertés ont plutôt tendance à se rebiffer devant l’avalanche des faits qui leur sont reprochés par le rapporteur spécial. « Nous sommes très satisfaits du rapporteur, nous tenons à cet appui et au dialogue avec la communauté internationale, surtout que nous sommes en train de mettre sur pied une Commission vérité et réconciliation », nous déclarait Immaculée Nahayo, ministre de la solidarité nationale au Burundi. Cette dernière affirmait n’avoir subi aucune pression concernant cette décision. Pourtant les positions du Burundi et de Haïti vont totalement à l’encontre de la stratégie déployée par plusieurs puissances du Sud, parmi elles l’Algérie, l’Egypte et le Pakistan. Ces Etats refusent le principe même de cette « ingérence » onusienne, invoquant les sempiternels arguments de partialité des rapporteurs spéciaux, de sélectivité, etc. " Ce mardi donc, Louis Joinet, l’"aïeul" des rapporteurs spéciaux à l’ONU, soulevait dans une flamboyante allocution l’absurdité de ces jeux de pouvoir qui minent les négociations au Conseil depuis sa création. « Sélectivité ? Mais que je sache, Haïti qui souhaite ce renouvellement est un pays du sud, qui plus est l’un des membres fondateurs de l’ONU. » Depuis 1995, cet ancien magistrat scrute, en tant qu’expert indépendant, les violations des libertés en Haïti. Amoureux de la vérité, il l’est aussi de la population de l’île, réussissant au fil des années à tisser un réel dialogue avec les autorités. « Mais où est le problème ? poursuivait-il. Vous avez entendu, il y a un instant, l’Honorable représentant de la République d’Haïti se prononcer - au nom de son gouvernement légitimement élu - en faveur du renouvellement de ce mandat. Et ceci, j’en ai la conviction, en dehors de toute pression… Sachez qu’il s’agit d’un peuple qui par son histoire est souverain et fier de l’être ! Alors, laissons Haïti assumer ses responsabilités. » Pourtant la plupart des pays du Sud réclament l’élimination totale de ces rapporteurs dans le nouveau Conseil, arguant entre autres que cela fait double emploi avec la revue périodique universelle (UPR). Ce nouveau mécanisme de l’ONU, qui sera très bientôt en vigueur, prévoit de passer au crible chaque Etat membre pour le mettre en face des abus chez lui, tous les quatre ans. « Mais que je sache, il s’agira seulement de rapports… et le tout sera examiné en trois heures », précise Louis Joinet à propos de l’UPR, rappelant que les rapporteurs, eux, passent des mois sur le terrain pour mener leurs enquêtes. Mais les Etats africains et islamiques persistent dans leurs positions, demandant de faire une évaluation globale des rapporteurs et ne pas les traiter cas par cas. « Nous sommes en présence d’un groupe en train de forcer l’annulation de tous ces mandats par une négociation globale », explique un fonctionnaire européen. En d’autres termes, on assiste à une guerre de fond entre deux positions : d’un côté, ces Etats du sud cherchent à alimenter une stratégie pour éliminer les rapporteurs. De l’autre, les Occidentaux négocient en bilatéral pour convaincre les pays de maintenir leur rapporteur. C’est actuellement le cas entre l’Union européenne et la République Démocratique du Congo. Il ne serait pas étonnant que cet Etat africain annonce très prochainement en séance du Conseil vouloir maintenir le mandat de son rapporteur spécial.
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