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Loading... Poèmes pour les enfants soldats du Sri Lanka
Nous sommes des élèves de 3ème, âgés de 14 à 15 ans. A la demande de notre professeur de français, nous avons pris connaissance de l’article Enfants soldats chair à canon au Sri Lanka publié sur votre site, ce qui nous a profondément bouleversés. Profondément surpris par le silence des médias à ce sujet, nous avons décidé de réagir à leur place. En effet, ayant pris connaissance de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en cours d’histoire, nous ne pouvions pas rester les bras croisés devant cette atteinte portée à la vie d’enfants de notre génération. Ainsi, chacun d’entre nous a écrit un poème engagé pour dénoncer cette injustice sévissant au Sri Lanka, depuis de nombreuses années, sans jamais avoir pris fin. Nos pensées sont emplies de compassion pour tous ces jeunes et leurs proches. Merci à Mouhssine Ennaimi qui nous a fait connaître cette odieuse réalité en écrivant l’article. « Devant certains événements graves et absolus, le témoin, atteint dans ses profondeurs, profère le chant, qui est le cri s’efforçant vers la pureté. » Jean Starobinski, La poésie et la guerre « Chair à canon » C’est l’histoire d’une tragédie. La tragique histoire de centaines d’adolescents comme je le suis, Insouciants, souriants à la vie. Du jour au lendemain, pas par la force du destin, Leurs vies ont basculé, leur enfance anéantie. Ils ont été choisis, sacrifiés, par pure folie. Enlevés à leurs parents, leur famille, leurs amis, alors qu’ils allaient gaiement sur le chemin de l’école… Arrachés à leurs proches, ils combattent pour une cause indigne, meurent sur un champ de bataille, Et vous ne réagissez pas ? A quoi aspiraient-ils ces enfants ? Au bonheur tout simplement. Mais qui sont ces gens-là ? Pour les exploiter comme cela ? Mais faites quelque chose ! Ne restez pas les bras croisés devant votre télé ! Notre monde déraille, Tout le monde trouve cela banal ! Mais cette tragédie est d’actualité, Elle se passe dans l’est du Sri Lanka. Des centaines d’enfants meurent à chaque instant, Il ne faut pas rester là, les bras croisés ! Jeanne Thérèse C’est une petite histoire que je raconterai C’est une petite histoire que l’on souhaite cacher C’est une petite histoire qui ennuie les plus grands C’est une petite histoire, pas si petite pourtant Dans un pays au loin Que l’on voudrait lointain L’enfance ne vit plus A cause d’esprits tordus Cette vie pas vraiment dorée Que personne n’ose contester Est celle des enfants soldats Pourtant pas plus soldats que moi Enfants pris dans la rue Enfants pris au hasard Enfants pris l’air hagard Enfants dès lors perdus Enlevés pour faire la guerre Parfois même contre son frère Arrachés à leur parcours Au bénéfice de deux cours Plus aucune raison de ne pas savoir Ce qui se passe au quotidien là-bas Ouvrez vos oreilles et vos yeux pour voir Là où l’enfant grandit sans avoir le choix Là où il perd ses droits, sa liberté Là où il n’est plus qu’une machine à tuer Si l’enfant grandit avec une arme A quoi bon discourir longuement La terre ne tourne plus, paix à notre âme Car après tout, le monde c’est l’enfant. Marie Ils sont cent, deux cents, trois cents…, oui des enfants Ils sont arrachés à leurs parents Alors qu’ils vont sagement étudier Ou prier Des frères sont séparés Alors qu’ils s’aiment Mais ils vont s’entre-tuer Pour un rêve de Paix Les Karounistes ou les Tigres tamouls font des recensements forcés Enlèvements, intimidations, enrôlements dans leur armée Voilà leurs procédés De recrutement pour leur armée Les parents ne peuvent rien faire Les enfants sont marqués au fer Ils sont utilisés pour leur chair Pour remplir les canons de guerre Ils sont achetés comme des bêtes Mais leurs parents aiment leurs enfants et les respectent Un enfant est un enfant, une bête est une bête Mais les deux se respectent. Cent, deux cents, trois cents…, oui des enfants Ils sont arrachés à leurs parents Alors qu’ils vont sagement étudier Ou prier. Noé C’était jour de marché, il faisait beau. Nous nous promenions, insouciants. Main dans la main, nous allions là où nos pas nous menaient. Qu’elle était belle et paisible la vie, que j’aimais notre quotidien. Au détour d’une rue, j’ai vu des hommes en uniforme se diriger vers nous. J’ai senti ton angoisse et ai serré ta main. Tu avais vu leurs fusils, leurs mitraillettes, tout leur matériel. Leurs armes nous regardaient d’un oeil menaçant. Notre inquiétude croissait, apparemment sans raison. Comme mue par une prémonition, je me suis mise à courir et t’entraînai avec moi. C’est lorsque je vis les hommes accélérer le pas que j’eus la certitude qu’ils étaient là pour toi. Nous avions beau courir, les soldats nous rattrapaient. Personne ne nous sauverait et mes jambes me lâchaient. Soudain ils furent là, et tels des rapaces, se saisirent de toi. De leurs griffes acérées t’arrachèrent à moi, sans aucune pitié ni le moindre émoi. J’entendais ta respiration haletante à mon côté, j’entendais ton souffle qui déjà s’éteignait, j’entendais ton coeur battre comme un tambour, ton corps tout entier qui criait “Au secours !”. Moi, je restais figée, ne pouvant croire qu’on enverrait mon fils se faire tuer. Puis je croisai ton regard et soudain réagis. Tes yeux m’imploraient de te sauver, de ne pas les laisser t’enlever. Mais j’étais bien faible face à ces hommes entraînés, et ils t’emmenèrent sans que ma résistance ne les ait affectés. Alors je restai là, effondrée, dans la rue, insensible aux regards de l’attroupement formé, ne sentant que les larmes qui me brûlaient la peau et mon coeur qui hurlait quelque chant lancinant. Aujourd’hui je ne sais où tu es, mon enfant, ma vie, mon amour, toi que le destin m’a enlevé par pure cruauté. Je ne sais ce qu’ils font de toi, sans doute des choses horribles… Peut-être es-tu déjà mort, je ne le saurai jamais. Laurène Ce matin, je me suis réveillée, Et j’ai pensé au Sri Lanka Dans la région de Batticaloa Des milliers d’enfants sont enlevés Et deviennent soldats Contre leur gré Les Tigres tamouls et la faction Karouna Se sont-ils engagés A faire cesser cela ? La télé, les médias Font tout pour dédramatiser Pourtant on ne plaisante pas Avec la vie des enfants Pour que cela cesse un jour Et que tous ces enfants soient libres Battons-nous avec bravoure. Pourtant on ne plaisante pas Avec la vie des enfants Vous qui vivez bien, Et qui n’avez besoin de rien, Songez que sans leurs enfants Leurs parents, maintenant, ne sont plus comme avant Pourtant on ne plaisante pas Avec la vie des enfants Imaginez-vous ces pères et ces mères Qui parfois le soir Pleurent dans le noir Pourtant on ne plaisante pas Avec la vie des enfants Dans le noir, moi aussi Je me suis endormie En pleurant En pensant à tous ces enfants. Pourtant on ne plaisante pas Avec la vie des enfants Sarah Ils sont là, seuls, désespérés, au milieu de la guerre, entourés de milliers de soldats, prêts à se faire tuer, repensant à leur vie d’avant, espérant que tout cela n’est qu’un cauchemar, dont ils vont se réveiller ; ils sont là tels un chêne vert au milieu du désert. Sur les chemins on ne voit plus que des parents en larmes, qui espèrent un jour revoir leurs enfants. Quatorze, quinze, seize ans, cela dépend. Quatorze, quinze, seize ans d’amour, de gentillesse, d’affection qui s’envolent en quelques secondes. Plus que des souvenirs. Chaque coin de rue, chaque objet, chaque bâtiment leur rappellent la joie et la tristesse de leurs enfants. Ceux qui les ont encore restent enfermés chez eux avec la peur et l’angoisse qu’un jour on vienne frapper à leur porte pour les leur enlever. Des centaines d’enfants combattent en ce moment dans la faction Karouna. Personne ne les voit, personne n’entend leurs cris. Ils sont là, seuls et désespérés dans un monde incompréhensible, dans l’obscure clarté d’une vie insolite, coincés dans un cauchemar dont ils ne peuvent se réveiller. Que reste-t-il à ces enfants ? L’espoir ils n’en ont plus. L’amour ils l’ont perdu. Leur courage n’est plus, ils n’ont plus la force de vivre, plus la force de rire. La mort reste pour eux une délivrance. Justine Pourquoi cette guerre ? Pourquoi tant de violence ? Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant d’enfants enlevés à leur foyer pour partir à la guerre ? Toi qui es au sommet, sache que tu fais pleurer des mères, des pères, des enfants. Pourquoi enlèves-tu les enfants de ton pays pour les mener à la mort ? Sache qu’ils meurent sans savoir pourquoi. Sache qu’ils avaient une vie avant de se faire prendre, avant de mourir. Maintenant, je vous le dis : faites arrêter ce conflit. Aidez-moi à réagir, trouvons des solutions. Manon Ils sont cent soixante cinq Cent soixante cinq enfants dans les rangs de Karouna Enlevés sans savoir pourquoi Ils ne peuvent aller à l’école Etre avec leurs parents Vivre comme tous les autres adolescents. Les mères sont effondrées « Reverrai-je un jour mon enfant adoré ? » Les pères sont désemparés « Reverrai-je un jour le fils que j’ai tant aimé ? » Selon leur âge et leur habileté au combat On donne aux parents entre trente et soixante euros par mois De cet argent-là, ils n’en veulent pas Ce qu’ils veulent c’est retrouver leurs enfants Et revivre comme avant. Sri Lanka, où il y a tant de combats Sri Lanka, où il y a tant d’enlèvements Sri Lanka, où il y a tant de soldats Sri Lanka, pourquoi ce pays-là ? Marjorie Guerre Recrutements forcés d’enfants Par faute du gouvernement Utilisation d’armes Mères en larmes Le Sri Lanka Pourrait bien ressembler à Guernica On ne sait pas si Picasso En aurait fait un tableau Les témoins les plus nombreux sont à Batticaloa Ils risquent la vie de leurs enfants mais dénoncent cela Des mères désespérées Des ONG scandalisées Mais quand s’arrêteront-ils de faire la guerre ? Et quand laisseront-ils la paix aux pères et aux mères ? Aïssa Pourquoi ? Pourquoi ce pays ? Ce pays où vivent tant d’enfants Ce pays où je vis Ce pays où il n’y a que guerre et mépris Ce pays où il y a tant d’enlèvements Pourquoi lui ? Lui qui n’avait rien fait Lui qui ne faisait que marcher Lui qui allait juste au clocher Pourquoi nous ? Nous payer trente à soixante sous Nous payer nous leurs parents Nous payer pour oublier nos enfants ! Pourquoi mon fils ? Mon fils tant désiré Mon fils tant aimé Mon fils, ma survie, ma vie Au Sri Lanka il y a tant de combats Au Sri Lanka il y a tant d’enlèvements Au Sri Lanka il y a tant d’enfants Mais chacun et chacune y mérite de vivre Laure Triste réalité Dans la région de Batticaloa Sur la côte est du Sri Lanka Pensez que là-bas Des enfants Sont enlevés à leurs parents Pensez que là-bas Certains deviennent soldats Mais regardez donc leur situation Imaginez ce qu’ils sont en train de vivre Imaginez tous ces jeunes qui se font enlever Imaginez tous ces jeunes qui se font recruter Imaginez tous ces jeunes qui ont été forcés à devenir soldats Imaginez tous ces jeunes dans les groupes armés Regardez ces mères effondrées Regardez ce qu’on leur a fait Elles n’osent plus envoyer leur enfant à l’école Elles ont peur Elles ne savant plus quoi faire : Espérer et continuer ou Oublier et tout arrêter Trente ou soixante euros par mois Pour que leurs enfants n’aillent plus à l’école ? De cela, pères et mères ne veulent pas. Regardez la réalité en face Les Tigres tamouls et la faction Karouna Doivent faire cesser cela Finalement, quoi ! Rien n’a changé Rien n’a cessé Pour ces enfants utilisés comme de la chair à canon, agissons. Maëva Ces enfants Ces enfants sont enlevés Des plaintes sont portées Mais pendant qu’ils ont peur Leurs mères ont mal au coeur Ces enfants sont recrutés On veut leur liberté Pas les voir mourir Ni les entendre souffrir. Ces enfants veulent jouer A l’école ils veulent aller Pour écouter leurs professeurs Et non pas les ravisseurs. La guerre au Sri Lanka doit arrêter Les familles doivent se retrouver Et sur le prochain article publié Ecrivez « Vive la liberté ». Fabien
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