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Loading... Une sérieuse atrocité dénoncée au Darfour
Le Temps
« Un crime de plus des forces de sécurité soudanaises », dénonce Abdelbagi Jibril, responsable à Genève du Centre aide et documentation sur le Darfour. « Un usage excessif de la force », tempête Denis McNamara, conseiller du Centre pour le dialogue humanitaire. Lundi matin, l’armée et la police soudanaises, 2000 hommes selon des témoins, ont attaqué le camp de Kalma, principal rassemblement de réfugiés au Darfour, situé à 25 km de Nyala, au sud de la province ; 90 000 personnes s’y entassent dans le dénuement. Sous couvert d’y chercher des armes, les forces de Khartoum ont ouvert le feu sur les réfugiés qui n’avaient que des couteaux, des lances et des bâtons à leur opposer. Elles encerclent toujours le camp. Empêchée d’intervenir par de multiples contrôles, la force de maintien de la paix des Nations unies et de l’Union africaine (Minuad), stationnée à Nyala, n’est parvenue au camp qu’en fin d’après-midi. Elle y a récolté les preuves formelles « qu’au moins » 33 personnes ont été tuées et qu’une cinquantaine ont été blessées. « Si ces chiffres se confirment, cette attaque est une très sérieuse atrocité », commente Denis McNamara. Selon lui, elle est exemplaire d’une faillite de la responsabilité de protéger les civils du Darfour. A tous les niveaux : celui des autorités soudanaises, bien sûr, mais aussi de la communauté internationale dont le devoir est de pallier l’incurie de Khartoum. « Le Darfour est le plus grand échec actuel de la communauté internationale, insiste Denis McNamara. Pourquoi n’y avait-il pas de présence internationale dans ce camp vulnérable ? » Une interrogation à laquelle Kemal Saïki, responsable de la communication de la Minuad, fournit volontiers une explication qui résonne comme un cri d’alarme : « Nous devrions avoir 26 000 soldats et policiers, nous en avons à peine 10 000… Le Darfour est grand comme la France. Pas de route, presque pas d’électricité, une multitude de groupes armés, de bandits et milices de toutes sortes et aucun hélicoptère de transport ou de surveillance. Si nous en avions eu, nous aurions volé de Nyala à Kalma en dix minutes. Il est toujours utile d’avoir des yeux dans le ciel, mais nous n’en avons pas. »
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