![]() |
||||
|
|
Loading... "Les Philippines n’ont pas leur place au Conseil"
Tdh
Magda Fahsi/Tribune des droits humains - Depuis 2001, date de l’accession de Gloria Macapagal-Arroyo à la présidence des Philippines, Karapatan a recensé plus de 900 exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées – activistes paysans ou indigènes, syndicalistes, dirigeants religieux… – dans le cadre de la lutte anti-insurrectionnelle soutenue par les Etats-Unis. Marie Hilao-Enriquez, la secrétaire générale de Karapatan, une alliance d’associations philippines des droits de l’homme, a entrepris de porter ces violations sur la scène internationale. Votre pays a récemment fait l’objet d’un examen périodique universel. Quel rôle y avez-vous joué ? Nous avons tenté d’exploiter cette opportunité au maximum. Nous avons soumis un rapport de cinq pages avec d’autres ONG philippines ; nous avons fait du lobbying auprès des missions des Etats membres pour qu’ils posent des questions au gouvernement philippin en session et je pense que nous y sommes parvenus dans une certaine mesure. Le problème, c’est que le gouvernement philippin n’a pas arrêté de raconter des mensonges, il disait que tout allait bien, qu’il n’y avait aucun problème, qu’il avait ratifié des conventions… Comme si le fait d’avoir ratifié des conventions faisait de vous un bon défenseur des droits de l’homme ! Les ratifier ne sert à rien si elles ne sont pas mises en œuvre. Les Etats-Unis, qui assistent pourtant le gouvernement philippin dans sa lutte anti-insurrectionnelle, ont soulevé la question des exécutions extrajudiciaires… Oh, mais vous savez, le département d’Etat parle avec nous ! Et nous avons témoigné dans une des commissions du Sénat, cela a même fait la Une aux Philippines. C’est la duplicité habituelle des Etats. Ceci dit, entre janvier 2001 et mars 2008, vingt-trois ecclésiastiques ont été tués aux Philippines, ce qui a mobilisé les Eglises américaines, lesquelles ont fait pression sur leur gouvernement. Et je pense que ce lobbying n’est peut-être pas étranger à l’intervention des Etats-Unis en session. Cela montre bien l’importance de la pression que peuvent exercer les ONG ou les associations de la société civile sur leurs gouvernements respectifs dans le cadre de ces examens. Pourquoi avoir décidé d’aller au Conseil des droits de l’homme ? En 2003, nous avions soumis un rapport alternatif au Comité des droits de l’homme, [qui supervise la mise en oeuvre des droits civils et politiques] pour faire état des exécutions extrajudiciaires qui se poursuivaient aux Philippines. A la suite de cela, le Comité a demandé à notre gouvernement de rédiger un rapport sur la façon dont il comptait remédier à la situation. Ce rapport devait être remis en 2006 ; cela n’a jamais été fait. Or cette année-là, il y a eu une augmentation considérable dans le nombre d’exécutions extrajudiciaires. Nous avons donc décidé de saisir le Conseil des droits de l’homme. En plus, le hasard a voulu – quelle ironie ! – que les Philippines y soient élus ! Nous sommes entrés en contact avec le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires Philip Alston, qui a soumis un premier rapport en mars 2007 [voir le rapport Alston 2008 ci-dessous]. A cette session, nous avons demandé au Conseil Oecuménique des Eglises, dont je suis membre, de pouvoir utiliser leurs trois minutes de temps de parole, parce que nous ne sommes pas accrédités. Mais il y avait la Birmanie, le Darfour… considérés comme des dossiers tellement plus importants ! A la session de septembre, il a fallu tout reprendre… Que pensez-vous du Conseil des droits de l’homme ? C’est un organe important que nous devons utiliser pour attirer l’attention sur certaines questions. Par ailleurs, Philip Alston a fait un très bon rapport, il a notamment reconnu que des exécutions extrajudiciaires avait lieu dans le cadre de la lutte anti-insurrectionnelle aux Philippines. C’est plus que nous espérions de la part d’un officiel des Nations unies. Mais le gouvernement philippin a tenté de discréditer son rapport. C’est pourquoi, quand le Conseil reviendra sur le rapport de Philip Alston à la session de juin, nous devons être là pour le soutenir et tenter d’obtenir, si possible, des mesures plus strictes. Concrètement, qu’en attendez-vous ? Notre objectif est de faire éjecter les Philippines du Conseil ; ils ne devraient pas être là, ils n’y ont pas leur place ! Nous pensons que si un pays qui a signé des conventions ne les applique pas, il devrait être sanctionné. Les Nations unies devraient être plus sévères. Ceci dit, ce ne sont pas les Nations unies qui vont résoudre nos problèmes, je pense que c’est le peuple philippin, qui, par ses actions, pourra le faire.
Pour lire d’autres articles sur un des thèmes
abordés ici, utiliser la fonction «
recherche avancée »
|
|
||
|
Chartes | Qui sommes-nous ? | www.humanrights-geneva.info | Impressum | Web
Chef d'édition: Michel Bührer
|
||||
|
réalisé par vocables.com avec Spip
|
||||