Loading...
Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme au Cambodge inquiet pour la démocratie
Ka-Set
17 juillet 08 - Le bureau du Haut commissariat des Nations unies pour les droits de l’Homme (HCDH) au Cambodge a exprimé dans un communiqué rendu public mercredi 16 juillet "sa préoccupation et sa tristesse" concernant le meurtre du journaliste Khem Sambo et de son fils, à Phnom Penh, vendredi 11 juillet

Ka-set, Phnom Penh - - "Bien qu’il soit trop tôt pour déterminer si ce meurtre est lié aux articles que Khem Sambo avait écrits, de nombreux éléments contextuels suggèrent que cela pourrait bien être le cas", souligne le bureau onusien, qui rappelle que le journaliste du quotidien Moneakseka khmer (La Conscience khmère), affilié au Parti Sam Rainsy, "avait écrit de nombreux articles critiques vis-à-vis du Parti du peuple cambodgien au pouvoir" au cours des semaines précédant son meurtre.

Les relations entre le quotidien d’opposition, "l’un des derniers principaux journaux affiliés au PSR", et le gouvernement sont depuis longtemps conflictuelles, relève le bureau du Haut commissariat, qui évoque la fermeture de ce journal "durant un mois en 2002 après la publication d’articles critiques" et sa condamnation à verser une amende "de 4 500 dollars en 2006 pour avoir accusé un ministre de corruption". Plus récemment, le rédacteur en chef de Moneakseka khmer, Dam Sith, a été incarcéré durant une semaine pour avoir repris les propos de Sam Rainsy accusant le ministre des Affaires étrangères d’être un ancien khmer rouge.

"Sans même tenir compte des motifs de ce meurtre, cet acte a inévitablement un impact sur la perception publique, ravivant dans l’esprit des gens la peur de la politique", poursuit le HCDH, estimant que "le meurtre de tout journaliste est une violation du droit élémentaire de la liberté d’expression" et soulignant qu’à ce jour, aucun des huit cas de meurtres ou tentatives de meurtre à l’encontre de journalistes enregistrés depuis 1994 au Cambodge n’a été élucidé. Alors que ce type de violences avaient diminué au cours des dernières années, le meurtre de Khem Sambo laisse craindre que les journalistes deviennent à nouveau la cible d’attaques, déplore le bureau phnompenhois.

Appelant les autorités à faire des efforts pour assurer la protection des journalistes et la libre expression, condition indispensable "au développement de la démocratie", le Haut commissariat se dit par ailleurs "prêt à explorer avec le ministère de l’Information, d’autres institutions compétentes et les acteurs intéressés, les manières par lesquelles il pourrait contribuer à renforcer, promouvoir et protéger l’exercice pacifique des droits constitutionnels de liberté d’expression et de la presse dans le royaume."

"Un message" contre l’opposition, selon Human Rights Watch Mercredi 16 juillet également, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) faisait à son tour part de sa vive inquiétude quant à la détérioration du climat politique. "Comme lors des précédentes périodes pré-électorales, ce meurtre semble être un message à ne pas s’engager dans l’opposition politique", a déclaré le directeur Asie de l’organisation basée à Londres, Brad Adams.

HRW précise, dans un communiqué, que le quotidien Moneakseka khmer est "l’un des rares journaux au Cambodge qui ne soient pas dominés par le gouvernement ou le Parti du peuple cambodgien du Premier ministre Hun Sen, qui contrôle aussi la plupart des chaînes de télévision et stations de radio". L’organisation de défense des droits de l’Homme estime que les onze partis en lice "ne bénéficient pas un accès équitable aux médias", dont la couverture présente "quasiment exclusivement" le PPC sous un jour favorable, tandis que l’opposition fait l’objet d’attaques unilatérales.

HRW affirme par ailleurs que la préparation des élections de juillet, bien que nettement moins violente que lors des scrutins passés, n’a pas été aussi paisible comme d’autres observateurs l’ont laissé entendre et "a été marquée par des efforts intenses et systématiques du PPC pour exercer des pressions sur les membres de partis d’opposition, particulièrement ceux du PSR, afin qu’ils rallient le PPC". "Des offres de postes gouvernementaux hautement rémunérés ou des menaces et des représailles à l’encontre de ceux qui les refusent ont conduit à la défection de centaines de membres des partis d’opposition en faveur du PPC", déplore Human Rights Watch.

Voir en ligne: Ka-set
 

Commenter

Forum sur inscription

Pour réagir à cet article, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Identifiants personnels


[s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

 
Pour lire d’autres articles sur un des thèmes abordés ici, utiliser la fonction «  recherche avancée »
Chartes  |  Qui sommes-nous ?  |  www.humanrights-geneva.info  |  Impressum  |  Web Chef d'édition: Michel Bührer
réalisé par vocables.com avec Spip
sommaire prix nicolas bouvier le temps geopolitis tsr.ch swissinfo rue 89 ipsnews infosud