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Loading... La Suisse scrutée par l’ONU
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Tribune des droits humains / Carole Vann - Pour la première fois de son histoire, Berne va passer un audit devant l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Suisse. Cet « examen périodique universel » (EPU) est la grande innovation du Conseil des droits de l’homme qui a succédé à l’ancienne Commission en juin 2006. La ministre des affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey, accompagnée d’une délégation d’une vingtaine de personnes, répond ce matin aux critiques émises entre autres par une coalition de 30 ONG (organisations non gouvernementales.) Selon un protocole rigoureux qui se déroule au sein du Palais des Nations et dont la durée n’excède pas trois heures, elle recevra ensuite les questions ou remarques des Etats présents et engagera avec eux un dialogue interactif. L’évaluation onusienne du respect des droits de l’homme dans le monde entier – chaque Etat devant y passer tous les 4 ans – a débuté le mois dernier avec une première série de 16 pays. La Suisse fait partie d’une deuxième fournée examinée durant deux semaines. Pour chaque audition, trois ambassadeurs tirés au sort – dans ce cas, c’est le Pakistan, l’Afrique du Sud et l’Uruguay - sont chargés de faire un compte rendu des échanges et des recommandations adressées au gouvernement concerné. Cet examen périodique se base sur trois sources : le rapport du gouvernement, les recommandations des experts de l’ONU – en mars 2007, le rapporteur spécial des Nations-Unies pour le racisme, Doudou Diène, avait épinglé la Suisse dans un rapport qui mentionnait « des manifestations de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie » - et les informations fournies par les ONG indépendantes. Fort de cette documentation aux sources variées, l’observateur peut donc se faire une idée assez précise de la situation des droits de l’homme dans un pays donné. Et ce, même si son gouvernement fournit un bilan idyllique. Dans son rapport, la coalition d’ONG a dénoncé notamment les discriminations à l’égard des migrants et des femmes en Suisse, le durcissement de la politique d’asile, les abus de la police ainsi que « des comportements racistes et discriminatoires. » Les ONG demandent à la Confédération de ratifier les Conventions de l’ONU sur les travailleurs migrants, les disparitions forcées et les handicapés. Selon elles, Berne doit aussi créer une loi fédérale contre les pratiques discriminatoires. Interrogé par téléphone, Alain Hauert, porte-parole de l’UDC Suisse, voit d’un mauvais œil l’intrusion des organisations internationales dans « les affaires internes de notre pays. En Suisse le peuple est souverain et décide de ses propres lois, déclare-t-il. Il n’a pas à se soumettre aux observateurs internationaux, que ce soit de l’Union européenne ou l’ONU. En plus, nous trouvons ridicule que des pays violateurs puissent nous examiner. Notre police traite parfaitement bien les étrangers et nous n’avons pas besoin de telles procédures. » Sandra Imhoff, coordinatrice de la coalition d’ONG ne le voit pas ainsi. « La Suisse est très active au niveau international et les droits humains jouent un rôle important dans sa politique extérieure, déclarait-elle en février lors d’une conférence de presse. Ce qui est loin d’être le cas pour sa politique intérieure. Or il s’agit de crédibilité et de cohérence. » Voir en ligne: En savoir plus sur l’examen périodique universel
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