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Loading... La Suisse dit non aux réfugiés irakiens
Le Temps
Valérie de Graffenried/Le Temps - Pour la présidente de la Confédération, c’est une claque. Mercredi, le Conseil fédéral a dit non à l’idée d’accueillir un contingent de réfugiés irakiens. « Le gouvernement est d’avis qu’il faut plutôt mettre l’accent sur l’aide directe à accorder aux populations sur place », souligne Oswald Sigg, le porte-parole du Conseil fédéral. Contacté par Le Temps, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) n’était, mercredi soir, pas au courant de la décision du gouvernement suisse. L’organisation dit « regretter » ce choix. Une Suisse généreuse ? Micheline Calmy-Rey aurait souhaité que la Suisse accueille un contingent de 500 Irakiens. Berne a récemment décidé de doubler son aide humanitaire à l’Irak, en la faisant passer de 2 à 4 millions de francs. Ce geste a été annoncé lors de la récente Conférence de Genève sur les réfugiés et déplacés irakiens, organisée par le HCR. Mais la socialiste, soucieuse de préserver la tradition humanitaire de la Suisse et de répondre à la demande du HCR, voulait davantage. Selon nos informations, elle n’a été soutenue que par son collègue de parti, Moritz Leuenberger. Christoph Blocher, dont le département chapeaute l’Office fédéral des migrations (ODM), n’a jamais caché son scepticisme quant au principe même de contingents. Il avait pourtant, durant la campagne de votation sur les lois sur l’asile et les étrangers, laissé entendre que ces lois permettront de combattre de nombreux abus et donc d’accueillir davantage de « vrais réfugiés ». Mais avec plus de 5000 réfugiés et personnes admises à titre provisoire en provenance d’Irak, la Suisse se montre déjà généreuse, estime-t-il. Pas de désespoir Le ministre UDC craint par ailleurs un effet d’« appel d’air » et a convaincu ses collègues de droite qu’investir de l’argent pour contribuer à améliorer les conditions de vie en Irak et dans ses pays voisins valait davantage que de l’argent investi pour prendre en charge des personnes qui resteraient définitivement en Suisse. Avec peut-être des problèmes d’intégration : cet élément-là aurait aussi été évoqué en séance du Conseil fédéral. Il y en a un autre : aucun pays européen n’a encore accepté un contingent de réfugiés irakiens comme le veut le HCR. Ce dernier ne désespère toutefois pas. Il précise que le processus de « réinstallation des réfugiés » - le HCR n’aime pas le mot « contingent » - est « encore en cours ». Son but : que les pays industrialisés accueillent environ 20000 réfugiés « particulièrement vulnérables ». Avec la décision de mercredi, la Suisse n’est pas prête de renouer avec sa politique d’accueil de contingents de réfugiés abandonnée en 1995. Au grand regret de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) et de la gauche, choquées par la position du Conseil fédéral. La Suisse a bien fait une exception en août 2005, mais en n’accueillant qu’un tout petit contingent de dix Ouzbeks. Pour l’OSAR, un « geste urgent » de la Suisse était d’autant plus nécessaire qu’elle enregistre un nombre peu élevé de demandes d’asile d’Irakiens. L’an dernier, la Suisse n’a enregistré que 816 demandes, contre 2100 pour l’Allemagne ou 9000 pour la Suède. 1,9 millions d’Irakiens ont cherché refuge à l’intérieur du pays, 2 millions ont fui vers les pays voisins, essentiellement la Syrie et la Jordanie.
Voir en ligne: Le HCR en Irak (angl.)
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