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Tunisie : L’art d’échapper aux questions gênantes
Tdh

Les droits de l’homme en Tunisie : un désert, selon les ONG.

Carte postale de Tunisie

9 avril 08 - Parmi les premiers pays à être soumis à l’EPU, ce nouvel examen des droits de l’homme pour tous les membres de l’ONU, la Tunisie est accusée d’avoir dicté les questions posées par les autres membres de l’institution onusienne.

Carole Vann / Tribune des droits humains - « Nous avons été choqués d’entendre le Japon saluer la Tunisie comme modèle de démocratie. Comment peut-on parler de démocratie dans un pays où le président a été élu à 96,4% ? Nous avons été tout aussi choqués d’entendre l’Indonésie féliciter ce même gouvernement pour sa liberté d’expression et son indépendance judiciaire. Cela alors que la Tunisie vient de se faire épingler sur ces points par le Comité sur les droits de l’homme à New York ! » Antoine Madelin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), ne trouvait pas de mots assez durs durant la conférence de presse donnée l’après midi pour qualifier la « mascarade » qui s’est déroulé mardi matin au Conseil des droits de l’homme à Genève.

Troisième de la liste à passer son examen périodique universel (EPU), après le Bahreïn et l’Equateur, la Tunisie, aurait, selon plusieurs sources diplomatiques, cherché à « biaiser » le processus. Après un rapport délivré par le ministre tunisien de la justice et des droits de l’homme, Béchir Tekkari, les Etats membres ont pu soumettre leurs questions et recommandations. « La plupart des ambassadeurs se sont montrés extrêmement complaisants. Nous avons alors appris que la mission tunisienne à Genève avait téléphoné aux délégations pour télécommander leurs propos durant cet examen. Plusieurs ambassadeurs nous ont expliqué qu’ils avaient intérêt à ne pas se faire d’ennemis vu qu’ils allaient, eux aussi, être évalués », raconte Antoine Madelin.

Présente à la conférence de presse, la journaliste et opposante Sihem ben Seddrin du Conseil national pour les libertés en Tunisie (l’association est interdite au pays), arrive de New York où elle a suivi les sessions du Comité des droits de l’homme : « Les débats et les recommandations sur la Tunisie émis là-bas par les experts du Comité sont aux antipodes de ce qu’on a entendu à Genève. J’ai l’impression qu’on ne parle pas du même pays. »

En réalité, le Conseil des droits de l’homme est en train de subir de plein fouet le dérapage tant redouté pour son tout nouveau mécanisme l’EPU : les Etats, amenés à s’évaluer entre eux, ont intérêt à se ménager les uns les autres. Par ailleurs, comme le précise un diplomate occidental, les règles du jeu sont dictées par les rapports bilatéraux entre les pays. La France s’est ainsi montrée extrêmement complaisante envers la Tunisie, se bornant à évoquer les droits des enfants et évitant soigneusement les questions qui froissent comme la torture, la censure de la presse et de l’internet ou d’autres violations.

« Mais derrière ces procédés choquants, nous avons aussi découvert que des pays, comme la Corée du Sud, le Mexique, le Ghana, l’Angola, et beaucoup de délégations occidentales et latino-américaines, ont fait preuve d’une très grande rigueur en posant les vraies questions », a poursuivi Antoine Madelin.

La Roumanie s’est ainsi basée sur les recommandations du Comité de la torture pour demander si le gouvernement tunisien envisageait de réviser son code pénal afin de s’assurer que la torture ne soit pas utilisée dans les interrogatoires. D’autres ont questionné sur les critères selon lesquels les contenus internet étaient bloqués ou les procédures d’enregistrement des associations.

A la lumière des premiers balbutiements de ce tout nouveau mécanisme, peut-on éviter les pièges de la complaisance ? Selon les défenseurs de libertés, tout espoir n’est pas perdu. Pour cela, les Etats doivent se baser sur les recommandations des experts de l’ONU.

La porte des prisons tunisiennes s’entrouvre

Parmi la longue liste d’engagements pris par la Tunisie pour améliorer son honorabilité internationale en matière de droits de l’homme, la plus concrète est la promesse de permettre à Human Rights Watch (HRW) d’avoir accès aux prisons. « C’est une bonne nouvelle, se réjouit Julie de Rivero de HRW. Nous étions en discussion depuis 2005 ». Le ministre de la justice et des droits de l’homme, Béchir Tekkari, constate des effets positifs qu’exercent déjà les visites régulières du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans les lieux de détention et de garde-à-vue depuis 2005. « C’est une coopération bénéfique, s’est félicité le ministre tunisien devant les membres du Conseil des droits de l’homme. Nous suivons avec intérêt toutes les recommandations émises par le CICR. Le personnel des prisons a une idée plus claire de ce que signifie le respect du prisonnier. Je ne peux que conseiller à tous les pays qui le désirent de coopérer ainsi avec le CICR. »

Fidèle à ses habitudes, l’institution garante des Conventions de Genève ne parle pas à l’extérieur de ce qu’elle voit dans les prisons. L’échange des constatations et d’éventuelles recommandations restent confidentiels. « Nous visitons les prisons et les lieux de garde-à-vue qui nous sont notifiés par les autorités, précise Dorothea Krimitsas, porte-parole du CICR à Genève. Nous examinons les conditions de détention, l’hygiène et le traitement réservé aux prisonniers. » Plus de 20 prisons ont été visitées à ce jour.

Entre 2006 et 2007, les délégués du CICR ont pu s’entretenir en privé avec 2’200 détenus. Pour l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui, ces visites du CICR sont importantes – c’est souvent le seul contact du détenu avec l’extérieur - mais insuffisantes. « Il faut beaucoup plus, estime-t-elle. D’autant que plusieurs des prisonniers que je défends m’ont dit avoir été victimes de représailles après avoir parlé au CICR. »

Que va changer l’accès de HRW aux prisons tunisiennes ? Les conditions précises doivent encore être discutées avec les autorités. HRW devra-t-il aussi attendre d’y être invité pour effectuer une visite ? « Ce n’est pas notre méthode de travail, précise-t-on à HRW. Et nous communiquons au public ce que nous voyons. »

Fabrice Boulé/Tribune des droits humains

 
1 commentaire   Commenter >
hamadi khammar
Tunisie : L’art d’échapper aux questions gênantes

Human Rights et les prisons deTunisie

Que ne balayent-ils, d’abord, devant chez eux !!!

Vivrons-nous le jour où, en Tunisie, les droits de l’homme seront « respectés » comme par ceux qui se targuent d’appartenir au "pays des droits de l’homme", tel que, ci-après, rapporté ???

LIBERTES 20 novembre 2008 Rapport Hammarberg : la France, pays de violations massives et persistantes des droits de l’Homme Prisons de France : l’échec du pays des Droits de l’Homme

Écrit par Régis Sada Jeudi, 07 Mai 2009 15:55 "Nous ne pouvons plus persister dans cette acceptation séculaire de prisons indignes, alors qu’il ne faut que du courage politique pour en finir avec cette honte nationale"

3 novembre 2005 - Robert Badinter – Le Nouvel Observateur FRANCE, POLITIQUE, SOCIÉTÉ Les prisons françaises épinglées par l’ONU Publié le 16 mai 2009 par Torapamavoa Nicolas DROITS DE L’HOMME .

Libertés Dans ses prisons, la France bafoue les droits de l’homme. Le rapport du Conseil de l’Europe sur les prisons françaises emploie un langage diplomatique mais parfaitement clair : la façon dont le gouvernement français traite les prisonniers, les délinquants juvéniles et les sans-papiers attente à la dignité des personnes et aux droits de l’homme.

Conseil de l’Europe - 23 novembre 2008 « Le plein respect des droits de l’homme ne doit pas souffrir des considérations sécuritaires. Certaines politiques françaises en matière de prison et d’immigration risquent d’affaiblir la protection de ces droits. »

Auteur Sujet : La France Patrie des droits de l’homme ? Patrice Guyot Posté le 25-10-2008 à 15:27:18 La réalité est totalement ignoble : La France est d’ailleurs régulièrement et lourdement condamnée à d’énormes amendes pour infractions permanentes aux règles communautaires en matière de droit de l’homme !

La France condamnée pour violation des droits de l’homme Smaëlb - 01.06.06 | 14:00 La France a été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire Pascal Taïs, un Franco-marocain de 33 ans retrouvé mort en 1993 dans une cellule de dégrisement du commissariat d’Arcachon. La Cour a stigmatisé la durée de l’enquête (dix ans), parlant même “d"absence d’enquête effective menée sur les circonstances“. Les flics concernés n’ont été entendus directement par le juge d’instruction qu’au bout de quatre ans, alors qu’on les soupçonne d’avoir donné les coups fatals. HUMAN RIGHTS WATCH Janvier 2006.

Le Rapport 2006 de l’organisation Human Rights Watch accuse les Etats-Unis d’avoir affaibli la défense des droits de l’homme à travers le monde en faisant de la torture et des mauvais traitements "une partie intégrante de sa stratégie antiterroriste".

UNION EUROPEENNE. Les Etats européens sont montrés du doigt pour leur "complicité" dans les transferts secrets par la CIA (Agence centrale de renseignement américaine) de détenus soupçonnés de terrorisme, et leur "manque de volonté politique" à établir la vérité sur leur collaboration.

Et voilà l’état des lieux, quant au « respect » des droits de l’homme par les « grands », ces donneurs de leçons lesquels, par ONG interposées ( et généreusement entretenues), osent les fallacieuses accusations lancées, avec arrogance, présomption, condescendance, et beaucoup de légèreté, contre une Nation, jalouse de sa souveraineté, la Tunisie. Cette ingérence dans les affaires intérieures de notre pays est, pour le moins, intolérable, offensante, impudente, indécente !!!

hamadi khammar 30/05/2009

Que ne balayent-ils,
2 juin 2009
 
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