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Loading... Le gardien des droits de l’homme se muscle
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Carole Vann/Juan Gasparini/Tribune des droits humains - Marginalisation des ONG, interdiction de filmer les sessions, auto-évaluations complaisantes, copinages entre Etats… A ces tous débuts, l’examen périodique universel (EPU) - ce nouvel instrument phare de l’ONU qui évalue le respect des droits de l’homme dans le monde entier – faisait craindre le pire. Mais au fil des comparutions des pays ces deux derniers mois, des garde-fous ont permis de remédier à ces dérives. Une tendance qui se vérifiera ou non lors de cette 8e session du Conseil des droits de l’homme. Les 32 premiers pays examinés doivent en effet se positionner sur les recommandations faites par leurs pairs. De cette étape capitale, découleront une série de mesures destinées faire respecter les droits de l’homme chez eux. Cela dit, il est déjà apparu que beaucoup d’Etats, tout continents confondus, tenaient à jouer le jeu et forger un nouvel instrument aussi efficace que possible. Rappelons que l’EPU est le seul processus onusien qui oblige chaque pays sans exception à passer sous la loupe de ses pairs en public. Les quelques tentatives d’en faire un exercice alibi ont donc été neutralisées rapidement. Pour rappel, l’examen périodique se base sur trois rapports : celui établi par l’Etat analysé, un autre fourni par l’ONU (rapporteurs spéciaux et traités) et une compilation de réactions d’ONG. Ces documents sont disponibles avant la comparution. Un pays se contentant d’un rapport auto-complaisant s’expose donc à des critiques et des recommandations plus poussées des autres Etats. De même, un gouvernement cherchant à marginaliser de manière trop ostentatoire sa société civile se met en porte à faux avec l’esprit de transparence de l’EPU. Morale de l’histoire : plus un Etat joue le jeu et reconnaît ses faiblesses en matière des droits de l’homme chez lui, moins il s’expose aux critiques publiques. Toutefois, des inconnues restent. En effet, les Etats qui ont comparus pour l’instant ne sont de loin pas les pires en matière de violation des droits humains. Il en est de même pour les 16 autres qui seront examinés d’ici fin décembre. Il serait donc précipité de tirer un bilan trop définitif de l’EPU sur la base de ces premiers pays. Que se passera-t-il quand ce sera le tour des pays qui présentent de graves problèmes de droits de l’homme chez eux ? En décembre, il y aura la Colombie, le Turkménistan, le Monténégro, l’Ouzbékistan, Israël. En mars, Cuba, la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite. Des examens qui permettront de voir jusqu’où peut aller ce nouvel instrument, en attendant le passage des dictatures les plus fermées, comme la Corée du Nord ou la Birmanie. « Cet instrument basé sur un esprit de coopération ne peut fonctionner efficacement qu’avec les pays qui jouent le jeu. Pour les autres, d’autres instruments existent », juge un diplomate occidental. En coulisse Suisse appuie la participation des ONG Lors d’une réunion préparatoire du conseil de juin, la Suisse a annoncé qu’en juin elle laisserait la moitié de son heure de parole pour l’EPU aux ONG. L’idée lancée par l’ambassadeur Blaise Godet et reprise par le Canada, la Slovénie au nom de l’UE et le Chili, permettrait de faire mieux entendre la voix des défenseurs des libertés. Mais les ONG auraient décliné l’offre, ne voulant pas de confusion entre les prises de parole étatiques et celles de la société civile. L’Espagne paye les frais de sa non participation à l’EPU Le renouvellement du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, qui change 15 de ses 47 membres chaque année par des suffrages au bulletin secret à l’Assemblée Générale de l’ONU, a rendu son verdict en mai. La France et la Grand Bretagne les deux postes à pourvoir dans le groupe occidental. L’Espagne est restée en plan. La cause pourrait être due à son silence durant les débats de l’Examen Périodique Universel. Aucune question ou recommandation n’ont été posées par l’Espagne lors de l’examen des 32 pays qui ont comparu à Genève pendant les mois d’avril et de mai. Le Sri Lanka perd son siège au Conseil Les violations graves des droits de l’homme dont est accusé le gouvernement de Sri Lanka, et mis en exergue pendant l’Examen Périodique Universel (EPU), ont poussé les ONG à agir. Elles ont fait campagne pour empêcher la réélection du Sri Lanka, qui voulait garder son siège au Conseil. Les 192 membres de l’Assemblée Générale leur ont donné raison. En revanche, dans le groupe des pays asiatiques, les autres États qui demandaient de rester ont obtenu gain de cause : Japon, Bahreïn, Corée du Sud et Pakistan. Pour l’Afrique, les pays élus sont la Zambie, le Ghana, le Burkina Faso et le Gabon. Pour l’Amérique Latine, le Chili, le Brésil et l’Argentine. Juan Gasparini Voir en ligne: Tout sur l’Examen périodique universel
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