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Loading... Karadzic, accusé vedette de la dernière heure
Le Temps
Sylvie Arsever/Le Temps - Radovan Karadzic sera livré à La Haye : même ses avocats, qui annoncent un recours contre son extradition, le disent. On l’y attend de pied ferme depuis la rédaction d’un premier acte d’accusation en 1995. Mais son arrivée tardive risque de poser quelques problèmes à une juridiction pressée de terminer ses travaux d’ici à fin 2010. L’ancien président de la République serbe de Pale devra rendre des comptes pour quatre ans d’une politique d’agression et de persécutions menée en Bosnie sous sa responsabilité entre 1991 et 1995. Villages musulmans rasés, populations déportées, exécutions sommaires, viols, tortures, meurtres. Ces exactions lui valent des accusations de génocide et de crime contre l’humanité, commis notamment pendant le siège de Sarajevo entre 1992 et 1995 et dans l’enclave de Srebrenica en été 1995. Pour leur majorité, ces crimes ont déjà été examinés par les juges dans le cadre d’autres procès. Mais cela ne prive pas Radovan Karadzic du droit d’en contester la réalité. En outre, sa responsabilité personnelle dans ces actes devra être établie. Cela risque de prendre du temps : Momjilo Krajisnic, membre de la présidence élargie de la République serbe de Bosnie, accusé des mêmes crimes, a été arrêté en avril 2003 et son procès est toujours en cours. Or le temps est désormais ce dont le TPIY dispose le moins : le Conseil de sécurité lui a imposé en 2004 une stratégie d’achèvement de ses travaux qui devrait déboucher sur une clôture en 2010. On sait déjà que ce calendrier, qui supposait la conclusion de tous les procès de première instance à la fin de cette année, ne sera pas tenu. Dans son dernier rapport sur la question, présenté au Conseil de sécurité en mai, le président du TPIY Fausto Pocar évoque la date de 2010 pour la fin des procès de première instance et de 2011 pour la fin des procès d’appel. En mettant les bouchées doubles : les trois chambres de première instance mènent chacune deux procès de front, l’un le matin et l’autre l’après-midi et casent deux autres procédures dans les créneaux ouverts dans leur agenda par les défections de témoins et les maladies des accusés. Dans ce contexte, l’arrestation de Radovan Karadzic peut être vue comme une considérable charge supplémentaire mais aussi comme l’espoir d’une bouffée d’air. L’ex-président des Serbes de Bosnie sera jugé au TPIY, précise Olga Kavran, porte-parole du procureur Serge Brametz, car aucune autre possibilité – par exemple un transfert à la Cour pénale internationale – n’est juridiquement possible. La communauté internationale, qui a tant tardé à livrer au TPIY l’un de ses accusés vedettes, serait malvenue de lui contester désormais le temps de le juger – un raisonnement qui s’appliquerait avec encore plus d’éclat si son comparse Ratko Mladic devait perdre à son tour son impunité. La pression monte sur le fugitif Ratko Mladic Sur les 161 personnes inculpées par le TPIY, deux sont encore dans la nature Depuis sa création en 1993, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a inculpé 161 personnes. Après l’arrestation de Radovan Karadzic, deux sont toujours en fuite. Goran Hadzic Ancien président de la république serbe – autoproclamée – de Krajina, en Croatie, Goran Hadzic, 49 ans, est accusé d’avoir été impliqué dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers d’autres pendant la guerre de Croatie (1991-1995). Il aurait notamment participé au massacre de 250 Croates et non-Serbes dans l’hôpital de Vukovar en 1991. Inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le TPIY en juillet 2004, il a pris la poudre d’escampette. Son arrestation, comme celle de Radovan Karadzic et Ratko Mladic, a été fixée comme condition d’entrée de la Serbie dans l’Union européenne. Ratko Mladic Il est désormais le premier sur la liste noire ; tout le monde réclame sa tête. Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic est accusé de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Il a, entre autres, lancé l’assaut contre l’enclave de Srebrenica. En fuite depuis 1995, l’homme, 66 ans aujourd’hui, risque la prison à perpétuité. Il a vécu à Belgrade jusqu’à la chute de Slobodan Milosevic – en 2000 – sans être inquiété. Depuis, on a repéré sa trace à plusieurs reprises dans la capitale serbe et à l’ouest du pays, vers Valjevo. L’ancien commandant reste cependant insaisissable. Considéré par beaucoup comme un résistant héroïque, un prince guerrier, Ratko Mladic bénéficie de multiples protections. Le plus fameux prévenu du TPI est sans conteste Slobodan Milosevic. Sa mise en accusation en 1999 marque la première inculpation d’un chef d’Etat devant une juridiction internationale. Le procès démarre en 2002 ; il sera interrompu en 2006 par le décès de l’ancien président serbe. Six des dix-neuf inculpés pour le massacre de Srebrenica ont déjà été condamnés. Parmi eux, Radislav Krstic, le général qui a dirigé l’attaque contre l’enclave, sous les ordres de Ratko Mladic. Caroline Stevan/Le Temps
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