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Loading... Hu Shuli est censurée par Pékin
Frédéric Koller/Le Temps - L’une des femmes les plus redoutées des pouvoirs politiques pour sa capacité à enquêter sur les zones les plus sombres de la République populaire a été acculée à la démission. Hu Shuli, 56 ans, a annoncé lundi son départ de Caijing, un magazine économique qu’elle avait fondé et qu’elle dirigeait depuis 1998. Une septantaine de journalistes l’avaient précédée en donnant leur démission le mois dernier suite à de nouvelles pressions politiques. Réputé meilleur magazine d’investigation de Chine, Caijing a multiplié les scoops dès sa création, faisant trembler les responsables de la bourse de Shanghai, chuter de nombreux caciques du Parti communiste, y compris le secrétaire général du PC de Shanghai, Chen Liangyu. Ses enquêteurs n’hésitaient pas à s’aventurer sur le terrain social et même politique. Hu Shuli était parfaitement consciente des risques du métier. « Nous connaissons assez bien les limites de la censure, nous déclarait-elle en 2001. Nous tentons de les repousser au plus loin sans dépasser la ligne rouge. » La couverture des récentes émeutes du Xinjiang semble avoir été le point de non-retour. Ses puissants soutiens politiques dans les milieux « réformateurs » semblent ne plus avoir été en mesure de la protéger. Elle enseignera désormais le journalisme dans une université de Canton.
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