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Droit de réponse : la Tunisie rétorque à Tdh
14 décembre 08

Droit de réponse - A Madame Isolda Agazzi

Madame

Suite à l’article intitulé « Tunisie : Ben Ali libère les plus anciens prisonniers politiques », nous vous prions de rectifier les multiples allégations erronées qu’il renferme, et d’informer vos lecteurs des faits suivants :

1- Les 21 personnes libérées, le 5 novembre 2008, en vertu d’une mesure de grâce présidentielle, ne sont ni des prisonniers politiques ni des militants d’un mouvement pouvant être qualifié de tel, mais plutôt des condamnés de droit commun, reconnus coupables de délits de constitution d’une entente criminelle suivie de perpétration d’attentats contre les personnes et les biens, détention et usage d’armes, d’explosifs et de vitriol ayant entraîné mort d’homme ainsi que de graves préjudices corporels à plusieurs victimes innocentes dont des étrangers. Il s’agit là de délits de droit commun, reconnus comme tels de par le monde et sanctionnés par toutes les législations.

2- L’auteur ne semble pas cerner correctement la gravité des actes criminels perpétrés par des groupuscules extrémistes et obscurantistes qui menaçaient dangereusement la société tunisienne dans les années 1990. Il y a lieu, par ailleurs, de rappeler que les poursuites judiciaires déclenchées alors contre ces groupuscules terroristes rejetés par la société tunisienne, n’ont été qu’un aspect de la réponse tunisienne à l’extrémisme et au terrorisme, la Tunisie ayant toujours privilégié une solution globale à ces fléaux combinant l’éducation, la lutte contre la pauvreté et l’enracinement des valeurs de modération, de tolérance et de respect de l’autre.

3- L’accès aux soins médicaux et le droit au travail sont des droits fondamentaux garantis à tout Tunisien y compris les prisonniers ayant purgé leurs peines. Ceux-ci bénéficient, en outre, de mesures spéciales en vue de faciliter leur réinsertion dans la société. Les efforts des pouvoirs publics sont étayés par l’action de la société civile illustrée, entre autres, par le l’action de l’association tunisienne de réinsertion des anciens détenus dont l’objet est d’aider à leur réinsertion notamment en les intégrant dans le marché du travail.

4- Il est absolument inapproprié de parler « d’exilés » dans le cas de personnes condamnées par les tribunaux et choisissant de résider à l’étranger afin de se soustraire à la justice tunisienne. Du reste, aucun Tunisien n’a été contraint de quitter la Tunisie et aucun citoyen ayant choisi de quitter le territoire national n’a jamais été interdit d’y retourner.

5- S’agissant des événements qui avaient eu lieu dans la région de « Gafsa », il y a lieu de souligner que jamais des poursuites judiciaires n’ont été intentés contre des « manifestants pacifiques ».

Les poursuites judiciaires n’ont été engagées qu’à l’encontre de personnes coupables d’actes de violence et de dégradation de biens publics et privés, qui ont voulu profiter de ces évènements pour semer le désordre et le chaos dans la région. Les personnes déférées devant la justice se sont rendues coupables, par exemple, de fabrication et d’utilisation de cocktails Molotov, de barres de fer et de bâtons ainsi que l’installation de barricades sur les voies publiques aussi bien routières que ferroviaires, d’agressions et voies de fait contre les agents de l’ordre, et diffusion de tracts appelant à la violence et à la rébellion.

Face à de telles dérives délictuelles, les autorités d’application de la loi se devaient donc de réagir pour protéger les populations de la région dont la sécurité était gravement menacée. Bon nombre de prévenus incarcérés, dans ce cadre, dont la dénommée Zakia Dhifaoui, ont déjà été libérées.

6- Un passage de l’article mérite qu’on s’y attarde particulièrement, à savoir l’affirmation de Zakia Dhifaoui : « j’ai été violée » et la négation de ces mêmes faits objet du rectificatif inséré à la fin de l’article. Ceci dénote du manque de crédibilité d’une personne qui se prétend « journaliste et politicienne », et soutient une chose le matin, et son exact contraire peu après.

7- L’allégation « d’arrestations préventives » relève de la désinformation, par une dénaturation totale des principes du droit tunisien qui ne permettent l’arrestation d’un citoyen que pour des faits établis. Rappelons à cet égard que la Constitution tunisienne interdit, depuis l’amendement du 1er juin 2002, « de soumettre quiconque à une garde à vue ou à une détention arbitraire ».

Vous remerciant de la diligence avec laquelle vous publierez le présent droit de réponse, veuillez agréer, Madame Agazzi, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Monsieur Ridha Kemakhem Coordinateur Général des Droits de l’Homme Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme

 
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