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Micheline Calmy-Rey s’en prend à un journaliste étranger en Suisse

4 septembre 08

Juan Gasparini/Tdh

La cheffe du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) veut-elle voir partir de Suisse Denis Rousseau, responsable du bureau de l’Agence France Presse (AFP) à Genève ? Elle en aurait en tout cas fait part à la direction de l’AFP à Paris. La nouvelle a fait sensation jeudi soir [4 septembre] au Palais Eynard à Genève, où le Conseil administratif de la Ville donnait une réception pour commémorer le 80e anniversaire de l’Association de la presse étrangère en Suisse et au Liechtenstein (APES).

La ministre socialiste, qui devait prononcer le discours principal, s’est fait excuser en signe de protestation suite à une dépêche de Denis Rousseau, sur son intervention devant les ambassadeurs helvétiques fin août. Elle avait cité le nom d’Oussama ben Laden : « Alors faut-il écouter ces bien-pensants ? Ou au contraire rechercher le dialogue sans discrimination – quitte à s’asseoir à la table d’Oussama ben Laden ? »

Et ce avant d’ajouter : "il est des situations dans lesquelles il faut y réfléchir à deux fois avant d’entamer le dialogue. Je suis parfaitement consciente du besoin de faire preuve de la plus grande prudence lorsqu’il s’agit de décider de qui va parler à qui, quand, et pour aborder quelles questions. Car pour prôner le dialogue, il faut avoir une idée très précise de ce que l’on en attend, et du moment où il conviendra d’interrompre un effort stérile. "

L’AFP, elle, avait titré, à propos de ce discours : "La fin d’un tabou ? La Suisse prête à dialoguer avec Ben Laden".

C’est Manuel Tornare, maire de Genève, qui a évoqué le mécontentement de la ministre à propos du travail d’une « agence étrangère ». Une copie écrite des propos du maire sera distribuée à la presse vendredi [5 septembre], a annoncé la présidente de l’APES, Yolanda Rojal. La lettre du DFAE visant le départ de Rousseau, a été reçue par la direction de l’AFP à Paris mercredi 3 septembre. Elle n’a pas été rendue publique. Denis Rousseau, également dans la salle, n’arrivait pas à en croire ses oreilles. Il avait déjà été expulsé de son poste. C’était à Cuba et par Fidel Castro en personne.

Dans une dépêche publiée jeudi soir [4 septembre], l’Agence télégraphique suisse (ATS) de son côté parle d’une lettre de "protestation", tout en mentionnant que le directeur de l’AFP, Alain Boëbion, n’a pas voulu préciser si cette lettre demandait des sanctions. Interrogé par l’ATS, le département des affaires étrangères n’a pas désiré s’exprimer.

 
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